Mali: Portrait: La Crise Politico-sécuritaire et la Sécheresse menacent la Survie du Cercle de Goundam.

Le cercle de Goundam est un cercle relativement important de la région de Tombouctou, limitrophe de la frontière mauritanienne.

Sa population, d’environs plus de 200 000  habitants, est composée par une population de nomades touaregs,  peuls et maures ainsi que  par des sédentaires, agriculteurs Songhay, et de pêcheurs Bozo. La province de GOUNDAM comprend 16 communes répartis dans sept arrondissements. La ville de Goundam est l’une des provinces et chef lieu du cercle le plus ancien et connu des régions du nord Mali après Tombouctou. 

Le cercle de Goudam était jadis dans les années 1960, un havre de paix et de prospérité a cause de la beauté de ses lacs, de ses plaines fertiles pour les populations nomades et sédentaires. En effet une symbiose y régna par la complémentarité entre les produits agricoles issus des terres fertiles et les produits de l’élevage issus d’un cheptel diversifié.

A partir des années 80 et 90 la région avait été frappé par l’achèvement partielle de ses principaux lacs notamment les lacs télé, Fati,  Faguibine et Horo ; couplé à une sécheresse qui avait touché la zone.

Ainsi depuis la crise politico-sécuritaire qui avait touché le pays en 2012, la région de goundam avait été frappé de plein fouet par plusieurs phénomènes :

 Le déplacement de la majorité de ses populations nomades vers la frontière mauritanienne et les centres urbains de Goundam,  Tombouctou et vers le sud du pays. L’assèchement progressif et constant de ses principaux lacs. L’aridité qui est de plus en plus prononcée et constatée due au réchauffement climatique. 

Le démantèlement de l’appareil étatique garantissait les soins de santé primaires à travers les Centres de santé communautaires CSCOMS et les Agents de Santé Communautaires (ASC) qui permettaient aux centres de santé de référence(CSREF) de ne pas avoir à traiter des patients venus des zones rurales à cause du manque de fonctionnement de certains CSCOMS. 

 La rareté de l’eau douce dans les puits qui sont même dans les lits des lacs à cause de la sécheresse de cette année.

A ces fléaux la population du cercle de Goundam est au bord du gouffre, ne sachant plus à quel saint se voué.

Face à ce désastre socio-économique un appel à l’aide s’avère une impérieuse nécessité et surtout dans deux axes qui sont la santé et les moyens de survie (élevage et agriculture). 

« En ce qui concerne la santé nous ne pouvons dire qu’elle est quasi inquiétante car la couverture sanitaire est extrêmement faible et que les seuls CSCOMS qui existent c’est-à-dire d’Inbounane, de Razelma et de Gargando sont meurtris par le manque de ressources humaines, de plateau technique minimum et surtout des médicaments essentiels » nous confie Docteur Mossa Ag Mohamed originaire de la province de GOUNDAM et qui servit en tant que coordonnateur des ONGS humanitaires en matière de santé dans les 5 régions du Nord du Mali. 

Pour l’ensemble de la vaste zone, les populations sont abandonnées à elle ;  c’est pourquoi les femmes et enfants sont évacués péniblement avec les maigres moyens de bord vers les CSCOMS et le CENTRE DE SANTÉ DE RÉFÉRENCE (CSREF) de Goundam ville et en général vers l’Hôpital de Tombouctou directement. 

Au regard de la vétusté de la base de la pyramide sanitaire les populations sont obligées de passer directement à l’Hôpital sans passer par les CSREFS et les CSCOMS. C’est pourquoi nous lançons un appel très urgent aux partenaires pour une action d’urgence en équipe mobile médicale qui procureront des soins au plus près de ces populations.

Nous lançons également un appel pressant à l’endroit des partenaires pour sauver le cheptel de la zone frappée par la sécheresse à lui apporter une fourniture en aliments bétails, vaccins et surtout en forages afin d’éviter l’anéantissement du maigre cheptel de ces zones arides touchées par les changements climatiques.

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