Mali : L’OCGS prône le dialogue avec les groupes extrémistes.

Dans le cadre de la recherche pour un Mali en paix et en sécurité, l’Observatoire Citoyen sur la Gouvernance  et la Sécurité  (OCGS) a initié hier jeudi 08 septembre  2022, à l’école de maintien de paix, deux jours de formation sur la problématique du dialogue avec les groupes extrémistes. L’ouverture  de l’atelier était présidée par l’ambassadeur  de Danemark  au Mali, Rolf Hommboe,  en présence du directeur général de l’école maintien de paix, du secrétaire exécutif de l’observatoire, Baba Dakono, ainsi que de nombreux invités et participants leaders des organisations de sociétés civiles, ONG locales et de la presse.

Rappelons  que  l’OCGS (Observatoire citoyen sur la gouvernance et la sécurité), organisation apolitique à but non lucratif, a été créée le 03 février 2020 à Bamako suivant la loi N° 04-038 du 05 août 2004. Il s’inscrit dans la dynamique des nouvelles générations de think tank par la recherche, l’analyse et l’action. L’OCGS entend contribuer à la promotion de la bonne gouvernance et au renforcement de la sécurité humaine au Mali et au sahel.

L’objectif principal  de ces deux jours d’atelier était de relancer la réflexion sur la problématique d’une paix négociée au Mali.  Spécifiquement, il s’agissait entre autres : Poursuivre la réflexion sur l’option  d’un dialogue avec les groupes extrémistes violents ; identifier  les défis et les enjeux liés à l’option du dialogue ; fourniture des recommandations pertinentes dans l’optique d’une paix négociée au Mali. 

À propos du projet, depuis plusieurs années, la région du Liptako-Gourma (espace regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger) est confrontée à d’énormes défis sécuritaires liés, entre autres, à l’activisme des groupes extrémistes violents, aux conflits locaux et à la criminalité organisée. Les mouvements extrémistes violents, qui exploitent les failles sécuritaires des États en faisant prospérer des activités illicites, ont trouvé un terreau fertile dans ces espaces économiquement fragiles et où les conflits ont créé une fracture sociale béante. Pour s’adjuger le soutien des communautés, certains groupes règlent les différends, organisent la gouvernance locale, offrent la sécurité. Premiers acteurs de l’insécurité et responsables des attaques, les groupes extrémistes ont fait de la violence une stratégie et sapent la crédibilité de l’État aux yeux des communautés.

Depuis plus d’une décennie, le Mali fait face à une crise multidimensionnelle. La situation sécuritaire du pays s’est fortement dégradée à partir de 2012. La montée de l’’insécurité, caractérisée notamment par l’activisme des groupes qualifiés de terroristes, s’est répandue dans le pays. En dépit des interventions militaires, notamment celles des forces armées du pays et les campagnes militaires franco-africaines, menées depuis la mi-janvier 2013, la situation sécuritaire du pays ne s’est pas améliorée. Face à la détérioration des conditions sécuritaires, des voix ont émergé de la classe politique et de la société civile pour appeler à intégrer le dialogue avec les groupes extrémistes violents dans les réponses à l’instabilité.  

Dans un tel contexte, comment s’assurer que ce processus puisse aboutir à une stabilisation durable du pays ? Avec qui dialoguer ? Comment mener les discussions ? Quelles sont les thématiques à aborder ? Quels sont les compromis que les deux parties consentiraient ou doivent consentir en vue de permettre un dialogue menant vers une paix durable ?

Pour tenter d’approfondir la réflexion sur ces questionnements légitimes soulevés par la dynamique de dialogue avec les groupes extrémistes violents, l’OCGS et le CARESS ont décidé d’organiser cet atelier technique. Il a été une  occasion  pour  les participants  de mieux appréhender les enjeux, les défis et les risques d’une paix négociée au Mali. 

Face à ces situations, le dialogue est devenu une option viable tandis que le conflit se dirige vers l’impasse, même si les groupes extrémistes, en particulier le GSIM, est parvenu à consolider son emprise sur certaines zones rurales. Alors que les deux camps hésitent à se lancer dans des pourparlers de haut niveau, le dialogue violences mené à l’échelle locale pour endiguer la violence et construire la paix par le bas. Les récents accords locaux de cessez-le-feu. Depuis 2017, plus d’une dizaine d’initiatives de dialogue ont eu lieu avec les membres du GSIM et des habitants du nord et du centre du Mali. Les chefs de communautés locales à Kidal ont conclu des négociations entre Ansar Dine et des membres d’un groupe affilié au Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Les pourparlers ont débouché sur un pacte de non-agression, qui a considérablement apaisé les tensions dans la région.  De la même façon, au centre du pays, les combattants affiliés au GSIM d’un côté et les groupes d’autodéfense se réclamant des communautés dogon et bamanan de l’autre, ont signé plusieurs accords de paix : à Ké-Macina en 2019 puis à Koro, Bandiagara et Niono en 2020 et 2021.

En octobre 2020, les groupuscules extrémistes violents affiliés à la katiba Macina ont assiégé plusieurs villages du cercle de Niono, dans la région de Ségou. Le cas le plus emblématique fut le cas du village de Farabougou, qui a été longtemps sous les spots médiatiques en raison d’un blocus des groupes extrémistes violents. Des négociations entre extrémistes violents et donso ont été facilitées par les émissaires du Haut conseil islamique du Mali mandaté alors par le gouvernement de transition. La difficile appréhension des dynamiques au sein des groupes. Il est difficile de savoir si les groupes extrémistes envisageraient de prendre des mesures concrètes en faveur du dialogue

Lors de la clôture  de l’atelier, le secrétaire exécutif de l’observatoire Citoyen sur la Gouvernance et la Sécurité  Baba DAKONO  a remercié l’ensemble des participants  pour les deux jours  d’atelier, les partenaires  et le personnel de l’école de maintien de paix  Alioune Blondin Bèye. À  signaler que des recommandations  ou résolutions ont été  reformulées pour prôner le dialogue avec les groupes extrémistes. 

Cet article a été écrit par Alassane Cissé, journaliste rédacteur chez Mehari-Post et Mehari-consulting.com.

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