MALI: Lenteur dans la mise en oeuvre de l’accord d’Alger : Qu’est ce qui bloque le processus?

Un article Signé par Mehari-consulting

Une inquiétude qui se fait sentir au moment où le chef de la MINUSMA, Elghassime Wane sur sa page Twitter, s’est réjoui de la tenue de la 45è réunion du Comité de suivi de l’Accord de paix qui s’est conclue sur une note très encourageante. Puis il termine son tweete en précisant qu’il existe maintenant de réelles perspectives d’avancées sur la question cruciale du DDR, ainsi que sur d’autres questions liées au processus de paix.


Les acteurs de la crise malienne de 2012 avec leurs partenaires de la médiation internationale se sont réunis le 05 Octobre au siège de la MINUSMA à Bamako. Ces travaux de la 45ème session ordinaire du Comité de Suivi de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation nationale issu du processus d’Alger ont été sous la direction d’un nouveau président du CSA, Boudjema Delmi fraîchement débarqué de l’Algérie chef de file de la médiation internationale.

Cette session intervient dans un contexte particulièrement sensible pour le Mali au regard de la lenteur de la mise en oeuvre de l’Accord d’Alger et de la situation politique du pays.

Les travaux d’ouverture étaient coprésidés par colonel major Ismael Waguë, Ministre de la Réconciliation Nationale et de la Cohésion Sociale et le Président rentrant du Comité de Suivi de l’Accord, monsieur Boudjemâa Delmi en présence des parties signataires et ainsi que les représentants des partenaires du Mali.

Il faut d’abord rappeler qu’après huit (8) mois de négociations entre le Gouvernement du Mali et les mouvements armés à Alger, l’accord pour la paix et la réconciliation nationale a été signé et parachevé en 2015 à Bamako par les toutes parties, sous l’égide de la médiation algérienne et le soutien de la communauté internationale. Cependant six (6) ans après, la situation la situation du pays demeure toujours préoccupante, car l’accord tarde à s’appliquer et toujours un pas en avant et deux pas en arrière au regard de la lenteur du processus. La question que l’on se pose est de savoir qu’est ce qui bloque la mise en application de l’accord d’Alger?

La mise en oeuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation connait aujourd’hui d’énormes difficultés tant dans le fond que dans la forme du processus. Aujourd’hui, bon nombre de maliens se désespèrent dans l’accélération de la mise en oeuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation. Nonobstant l’engagement sans faille du gouvernement malien, la volonté des mouvements armés et le soutien de la communauté internationale, le processus demeure toujours long et lent.

Il faut d’abord rappeler que le Mali traverse une extrême insécurité au regard de la recrudescence des attaques terroristes perpétrées sur l’ensemble du territoire. Si l’on sait qu’aujourd’hui la lutte contre le terrorisme est devenue un phénomène mondial et dont le Mali souffre chaque jour toutes les régions ne sont plus épargnées par ce fléau récemment c’était Djidjeni, kayes, Nioro, Sikasso. En plus de cette situation d’insécurité, l’accord d’alger continue de s’appliquer timidement.

La question d’intégration des ex-combattants constitue le véritable goulot d’étranglement de ce processus, car il existe beaucoup de cadres qui ne se sont toujours pas intégrés. La Démobilisation, Désarmement et Reinsertion est une nécéssité pour accélérer le processus de mise en oeuvre de l’accord et de rassembler tous les maliens autour de l’essentiel qui est de la paix et de la cohésion nationale. Pour aller vers cette paix et cette réconciliation, les ex-rebelles ont affiché leur volonté, car siègeant aujourd’hui dans le Cadre Stratégique Permanent où se trouvent aujourd’hui tous les mouvements armés signateurs et non signateurs tous unit pour un Mali prospère. Dans le cadre de la recherche de la paix et de la réconciliation, à signaler que ces groupes armés unifiés qui composent le Cadre Stratégique Permanent ( acteurs de la crise de 2012) conduit par son président Bilal Ag Asherif été reçu Le lundi 04 Octobre par le Président de la République du Niger, Mohamed Bazoum selon une publication de l’honorable Moussa Ag Achratemane porte parole du CSP. Il a éte question du contexte politique et sécuritaire au Sahel , la nécessité d’aider le Mali a retrouver la paix, l’accord d’Alger et la réconciliation entre frères. Pour ceux connaissent bien l’histoire savent que la République du Niger demeure aujourd’hui un modèle de paix et de réconciliation dans la sous-région, car ayant traversé des années dans les rebellions. C’est juste en 2010 que le pays retrouvé la paix et la stabilité. C’est pourquoi la Haute Autorité de la Concorde qui regroupent tous les cadres des anciens groupes armés a apporté beaucoup de résultats positifs en matière de la consolidation de paix et de la cohésion sociale au Niger , raison pour laquelle le CSP s’est rendu chez Bazoum pour puisez plus car son pays à une ressource à exploiter dans le domaine de la paix. Il faut reconnaître que les volontés sont affichées du côté des mouvements armés afin que la paix et la stabilité reviennent au Mali. Après des années de crises multiformes et multidimensionnelles, il serait temps d’accélérer la mise en oeuvre effective de l’accord d’Alger et de relever les véritables défis auxquels le Mali fait face, car la paix n’a pas de prix et qu’aucun pays ne pourrait accéder à son développement sans passer par cette paix et la réconciliation. Il faut signaler qu’à l’issue des travaux de la 45 éme session du CSA, plusieurs recommandations ont été reformulées parmi lesquelles :En application des dispositions du chapitre 19, en ses articles 57 à 62 de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du processus d’Alger et de son règlement intérieur, le Comité de Suivi de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du processus d’Alger (CSA) a tenu sa quarante-cinquième session ordinaire à Bamako, le 05 octobre 2021, sous la présidence de l’Ambassadeur Boudjemâa Delmi, Président du CSA et Envoyé spécial de l’Algérie pour le Sahel et l’Afrique.

Le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion Nationale, chargé de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation Nationale, Colonel-major Ismaël Wagué, a conduit la délégation gouvernementale qui comprenait le Président de la CNDDR, le Président de la CNSSR, le Président de la Commission d’Intégration, et le Président de la CVJR. Les responsables des mouvements signataires, les membres de la Médiation internationale, ainsi que le Haut Représentant du Président de la République pour la mise en œuvre de l’Accord ont également pris part aux travaux. Le Comité a entendu la présentation du Ministre, complétée par celles de la CMA et de la Plateforme, sur les développements intervenus dans la mise en œuvre de l’Accord depuis sa dernière session tenue le 29 juillet 2021. À l’issue des présentations, enrichies par les interventions des membres de la délégation gouvernementale, des représentants des mouvements signataires et des membres de la Médiation internationale, le Comité ont Salué l’engagement réitéré des parties maliennes de l’Accord à poursuivre sa mise en œuvre en tant que cadre idoine pour promouvoir durablement la paix et la réconciliation, dans le respect scrupuleux de l’unité, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Mali. Il encourage les parties maliennes à privilégier les voies du dialogue et du compromis en vue de surmonter les obstacles pouvant entraver sa mise en œuvre.

Ils ont pris note, avec satisfaction, de l’engagement des parties de procéder à la mise en œuvre des recommandations issues des sessions précédentes du CSA, notamment en ce qui concerne le parachèvement du DDR-accéléré pour atteindre l’objectif de 3 000 ex-combattants et, a salué la disponibilité de la MINUSMA à apporter le soutien technique nécessaire à la finalisation de ce processus. La Médiation internationale a, à cet égard, souligné l’impératif du parachèvement rapide du DDR-accéléré qui permettrait de renforcer la sécurité sur le terrain au bénéfice de la population malienne. Elle a exhorté toutes les parties à soumettre, sans délais, leurs listes de combattants à réintégrer. La médiation a salué l’engagement du gouvernement d’intégrer 13 000 ex-combattants avant la fin de l’année et 13000 autres dans les deux à trois années à venir.

Le Comité souligne que cette annonce constitue une avancée notable dans le processus de paix et témoigne de l’engagement ferme des autorités de la transition à mettre en œuvre l’Accord. Le Comité attend avec intérêt la tenue de la réunion de niveau décisionnel prévue dans les deux semaines, en vue de finaliser les détails techniques de cette première étape, y compris leur ventilation par secteur d’activité. La Médiation internationale, estimant que cette offre constitue une base viable au regard des contraintes financières de l’Etat malien, lance un appel à ce que toutes les conditions de son succès soient réunies et exhorte les parties à conclure, rapidement et dans un esprit constructif, la discussion sur la question des quotas.

La médiation aussi pris note de la volonté des parties maliennes de procéder à la réinsertion socio-économique des ex-combattants volontaires déjà inscrits, ainsi que les femmes désignées par les mouvements (300 femmes par région) comme convenue. Le Comité exprime, à cet égard, son appréciation à la Banque Mondiale pour le soutien constant qu’elle apporte à ce volet.

Les garants n’ont pas manquer de féliciter le travail technique des autorités de transition en préparation des réunions du CSA et se félicite du dialogue établi entre les parties maliennes pendant l’intersession, au sein du cadre de concertation inter-malien. Le Comité se réjouis de la disponibilité réaffirmée de la Médiation internationale de faciliter l’atteinte de compromis entre les parties maliennes durant l’intersession autant que de besoin. Le Comité encourage les parties à poursuivre les discussions dans le Cadre inter-malien pour assurer un suivi constant de la mise en œuvre de l’accord, dans un esprit de consensus et de compromis.

Ensuite le comité de suivi de l’accord de paix au Mali a également accueilli avec intérêt les perspectives de prise en compte des dispositions pertinentes de l’Accord de paix dans le cadre de la « refondation » et de la possibilité offerte aux mouvements signataires d’y être associé, notamment dans la cadre de la Mission d’appui à la refondation.

Le CSA se réjouit de la signature en cours des conventions de financement des projets entre les Présidents des Collectivités bénéficiaires et le Président du Comité de gestion du Fond de Développement Durable (FDD), en vue du lancement la semaine prochaine desdits projets.

Les responsables de la médiation internationale ont encouragé les parties à soumettre une liste consensuelle en ce qui concerne l’inclusion de femmes supplémentaires dans les différents mécanismes de suivi de l’Accord avant la prochaine session du CSA.

Puis ils ont aussi remercié l’Observateur indépendant du centre CARTER pour la présentation de son 9éme rapport qui fera l’objet de débat lors de la prochaine session du CSA.

Enfin, le Comité s’est félicité de la nomination S.E. Boudjemâa Delmi, en tant que Président du CSA et lui a exprimé ses vœux de plein succès dans l’accomplissement de ses missions, tout en rendant un hommage appuyé à l’Ambassadeur Boualem Chebihi, Président du CSA sortant, pour sa contribution importante dans la mise en œuvre de l’Accord.

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