Mali : Moctar Ouane dévoile les six grands axes de la Transition

Mohamed AG AHMEDOU

« Par votre mission et par notre vocation, nous sommes partenaires et devons regarder et voir dans la même direction ».

Devant les membres du Conseil National de Transition, le Premier Ministre Moctar Ouane a présenté le vendredi 19 février au Centre International de Conférence de Bamako, le Plan d’actions du Gouvernement de la feuille de route  devant  conduire la Transition Politique au Mali. 


Rappelons d’abord que le Plan d’actions du Gouvernement du Premier Ministre Moctar Ouane s’articule autour de six (6) grands axes prioritaires à savoir : l’axe portant sur le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national ;  la promotion de la bonne gouvernance ; la refonte du système éducatif ; les réformes politiques et institutionnelles ; l’adoption d’un pacte de stabilité sociale ; et l’organisation des élections générales.

Le Premier Ministre Moctar Ouane dira que par sa vocation,  le Gouvernement doit répondre aux attentes du peuple en les matérialisant par des actes visibles. Par votre mission et par notre vocation, nous sommes partenaires et devons regarder et voir dans la même direction. 

Ce Plan comporte 6 axes déclinés en 23 objectifs, adossés à 275 actions à évaluer à travers 291 indicateurs. Cet ensemble cohérent d’actions vise à atteindre, dans un horizon précis, des objectifs définis, avec des moyens identifiés dans le respect du temps imparti et des équilibres macroéconomiques et financiers. 

 « La mise en œuvre du Plan d’action du Gouvernement contribuera aux réformes politiques et institutionnelles nécessaires à la consolidation de la démocratie, c’est-à-dire à renforcer la stabilité des institutions démocratiques et républicaines et à améliorer la gouvernance » a déclaré le Premier Ministre.

Concernant le premier axe, les priorités portent sur : Diligenter la relecture, l’appropriation et la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger ; Accélérer le processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des combattants dans le Nord et le Centre du pays ; Procéder à la dissolution effective de toutes les milices d’auto-défense ; Redéployer les forces de défense et de sécurité sur l’ensemble du territoire national. 

En effet, la sécurité demeure la priorité des priorités pour notre pays, qui y joue sa survie en tant qu’État et en tant que Nation. Nous faisons face au terrorisme, à l’insécurité grandissante et multiforme tels que les violences communautaires, le banditisme et les trafics transfrontaliers, y compris de drogue et d’êtres humains.

Les priorités du deuxième axe visent à restaurer l’autorité et l’utilité sociale de l’État à travers la fourniture des services sociaux de base ; promouvoir la citoyenneté et le civisme à travers l’éducation et la culture ; renforcer la lutte contre l’impunité et accentuer la lutte contre la corruption ; rationaliser les dépenses publiques en réduisant le train de vie de l’État ; auditer la gestion des fonds alloués aux secteurs de la sécurité, de la défense et de la justice dans le cadre des lois d’orientation et de programmation.

Quant aux priorités du troisième axe, elles consistent à négocier un moratoire avec les partenaires sociaux de l’éducation en mettant en place un cadre de concertation régulier et à engager une refonte du système éducatif.

Pour le quatrième axe dans le plan d’actions du Gouvernement, il permettra de :Parachever le processus de réorganisation territoriale ;  Réformer le système électoral en prenant en compte les Maliens établis à l’extérieur; Élaborer et adopter une nouvelle constitution ;Poursuivre le chantier de la régionalisation.  

Au fil du temps, la pratique institutionnelle et démocratique dans notre pays a révélé de nombreux dysfonctionnements ayant motivé différentes initiatives de réformes de l’État. La mise en œuvre des priorités suivantes devrait utilement y contribuer. 

En ce qui concerne les priorités du cinquième axe,  elles tendent à : Organiser une conférence sociale et engager le débat sur les questions de société comme le rôle des autorités coutumières et religieuses, la question de la pratique de l’esclavage ainsi que le statut de la femme ; Relancer le dialogue avec les groupes radicaux maliens ; Engager le dialogue entre les communautés et acteurs locaux en conflit ; Créer les conditions favorisant le retour des déplacés et réfugiés ; Accélérer le processus d’indemnisation des victimes depuis 1960.

L’ambition de l’adoption d’un Pacte de stabilité sociale est d’aboutir à une dynamique sociale apaisée dans les relations de travail et de production. Nous voulons engager tous les acteurs dans une dynamique durable et structurante. Il ne s’agit pas seulement de négocier une trêve, mais également d’instaurer une culture du dialogue. La Transition tend la main à tous pour créer un pacte de stabilité sociale, gage d’une croissance partagée.

Enfin les priorités du sixième axe se fixent à: Élaborer un chronogramme pour les futures échéances électorales ;Organiser les opérations référendaires et les élections générales.

Selon lui, la consolidation de la démocratie exige notamment le respect des choix populaires à travers les élections. À cet effet, la conduite du processus électoral devant couronner cette transition devra être minutieusement préparée. En plus des élections générales, le calendrier élaboré par le gouvernement prévoit également un référendum.

Dans ce contexte difficile, des moyens importants ont été dégagés pour soutenir nos concitoyens ainsi que les entreprises des secteurs d’activités les plus affectés par la pandémie. 

« Le gouvernement maintiendra, malgré les nombreux défis, une politique budgétaire soutenable visant à maintenir le solde global des finances publiques à un niveau compatible avec la viabilité de la dette.

De nouvelles perspectives sont inscrites dans la vision du Cadre pour la relance économique et le développement durable (CREDD), document de référence pour les politiques et stratégies de développement. L’ambition est, comme indiqué dans ce document, de créer les conditions d’une transformation structurelle de l’économie en vue d’une croissance forte et inclusive permettant de réduire significativement la pauvreté et d’asseoir les bases d’une économie émergente. 

Pour y parvenir, le gouvernement de la Transition mettra l’accent sur la promotion du secteur privé et le développement des investissements directs étrangers en lien avec l’amélioration du climat des affaires, la promotion du partenariat public-privé ainsi que le développement de nouvelles sources de financement comme la finance islamique ou les financements participatifs » a-t-il martelé. 

Le Ministre Moctar Ouane dans son réquisitoire devant la représentation nationale a signalé que confronté à une période d’instabilité et de conflits. Depuis 2012, le Mali est aujourd’hui à la croisée des chemins. Le traitement de la crise multidimensionnelle que le pays traverse exige des réponses structurelles et l’implication de toutes les forces vives de la nation. Le Gouvernement comptera sur la mobilisation totale du Conseil national de la Transition pour apporter les réponses adéquates aux urgences et engager les réformes structurelles nécessaires à la refondation de l’État. Vous et Nous, nous le ferons avec le concours de toutes les Maliennes et de tous les Maliens, sans exclusive. 

Tous les moyens seront mis en œuvre pour organiser, dans les délais convenus, des élections libres et transparentes afin de doter le pays d’institutions fortes et démocratiques et poser les jalons d’une gouvernance saine plaçant le citoyen au début et à la fin du développement. 

« Avec l’appui soutenu de toutes les parties prenantes, le Mali sortira uni et grandi des épreuves sécuritaires, sanitaires, économiques et sociales qui ont ébranlé ses fondements. C’est en tout cas la volonté des autorités de la Transition avec en ligne de mire un seul et unique objectif : refonder l’État pour un Mali nouveau » a-t-il conclu. 

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